L’inflation française a ralenti à 2,2 % au premier trimestre 2024, tandis que la croissance du PIB peine à dépasser 0,8 %. Les taux d’intérêt persistent à des niveaux élevés, bouleversant les arbitrages habituels entre obligations, actions et actifs immobiliers.
Les flux d’investissement étrangers restent stables malgré l’incertitude géopolitique, alors que certains secteurs, comme les énergies renouvelables, affichent des rendements supérieurs à la moyenne nationale. Les réformes fiscales annoncées pour 2025 modifient la hiérarchie des produits d’épargne et des placements de long terme.
Où en est l’économie française à l’aube de 2025 ?
La croissance française tangue entre élans avortés et obstacles venus de la zone euro. À en croire la Banque de France, le PIB s’accroche difficilement à la barre des 0,8 %, loin derrière l’Allemagne ou le Royaume-Uni. Cette cadence molle complique les projections des investisseurs : la hausse des taux d’intérêt resserre l’accès au crédit long terme et redistribue les cartes.
Le marché immobilier concentre les interrogations. Les chiffres sont sans appel : moins de 10 milliards d’euros injectés en 2024 sur le marché de l’investissement immobilier en France, contre 30 milliards en 2019. À Paris et dans le QCA, la prudence domine. Les investisseurs internationaux deviennent hyper-sélectifs, écartant tout actif jugé trop exposé à l’instabilité politique et budgétaire.
Ce climat pousse à revoir les priorités. Sous la pression des banques centrales, la hausse généralisée des taux rebat les cartes des rendements, que ce soit sur les actions, les obligations souveraines ou les actifs alternatifs. L’écart de performance entre la France et ses voisins européens se creuse, renforçant l’exigence sur la qualité des dossiers et la gestion du risque dans chaque secteur.
Les tendances d’investissement qui se dessinent pour l’année à venir
En 2025, la sélectivité s’affirme comme le nouveau mot d’ordre dans les tendances investissement France. Les investisseurs professionnels se tournent vers les actifs réels et les infrastructures, convaincus par la solidité de l’économie des services et la nécessité de sécuriser la dette privée. Le contexte international incertain incite à privilégier des placements robustes, au détriment des marchés les plus instables ou de certains pays émergents.
Le marché investissement français affiche un intérêt renouvelé pour les stratégies de long terme, notamment via le financement des entreprises non cotées. La dette privée séduit toujours plus : les fonds dédiés enregistrent une collecte dynamique, tandis que les politiques d’investissement s’alignent sur les nouvelles exigences européennes en matière de durabilité. Résultat : les pratiques évoluent, la gestion du risque prend une place centrale, et le dialogue entre investisseurs et entreprises devient plus exigeant.
Voici les axes privilégiés par les investisseurs cette année :
- Actifs réels : infrastructures, immobilier logistique et énergies propres continuent de progresser.
- Dette privée : les fonds spécialisés grandissent, profitant du retrait des banques sur certains créneaux.
- Marchés émergents : vigilance renforcée face à la volatilité et aux incertitudes économiques.
La directive sur la finance responsable impose de documenter chaque arbitrage, d’intégrer pleinement les critères extra-financiers et de renforcer la solidité des portefeuilles. L’écosystème français, des institutions aux sociétés de gestion, s’affirme comme terrain d’expérimentation pour une finance qui colle aux enjeux contemporains.
Quels secteurs offrent les meilleures opportunités face aux incertitudes géopolitiques ?
En France, la transition énergétique s’impose comme le levier le plus attractif. Face aux tensions géopolitiques et à l’instabilité, les capitaux migrent massivement vers les technologies vertes et les infrastructures de décarbonation. Porté par la politique européenne et la volonté de s’émanciper des énergies fossiles, ce secteur attire désormais des flux qui se détournaient des marchés traditionnels. Plusieurs fonds spécialisés, d’après la Fédération française de l’assurance, enregistrent déjà des croissances à deux chiffres ces derniers mois.
L’investissement responsable poursuit sa montée. Les critères ESG (environnement, social, gouvernance) sont désormais incontournables. La réglementation européenne bouscule les habitudes : seules les entreprises capables de prouver leur résilience face aux chocs exogènes séduisent. La santé tire aussi son épingle du jeu, avec une mention spéciale pour les biotechnologies et les dispositifs médicaux. L’innovation y reste soutenue, surtout dans la zone euro.
Les secteurs les plus recherchés se distinguent ainsi :
- Transition énergétique : infrastructures, réseaux intelligents, efficacité énergétique attirent de plus en plus d’investissements.
- Santé et biotechnologie : modèles économiques solides, capacité d’innovation élevée.
- Intelligence artificielle : avancées rapides, applications concrètes dans l’industrie et les services.
La zone euro s’impose comme un refuge relatif, avec une croissance modérée mais régulière. Diversifier sur les actifs tangibles apparaît judicieux pour lisser la volatilité provoquée par un contexte politique mondial incertain. Les institutionnels et investisseurs privés recentrent ainsi leurs allocations sur ces segments, misant sur leur potentiel à moyen terme.
Immobilier, actions, obligations : panorama comparé des rendements attendus
Le marché immobilier français traverse une période de réajustement. Sous l’effet de la hausse des taux d’intérêt, la dynamique d’investissement ralentit. D’après la Banque de France, les montants investis sur le premier semestre 2024 reculent d’environ 30 % sur un an. À Paris, la sélection s’intensifie : les investisseurs internationaux se concentrent sur le quartier central des affaires, laissant de côté les biens secondaires. Les rendements du prime immobilier tertiaire remontent autour de 4,2 %, inversement à la tendance de compression des années passées.
Du côté des actions, la volatilité demeure. Malgré un rebond post-pandémie, l’instabilité politique et la prudence des ménages pèsent sur les perspectives de croissance. Les flux favorisent les valeurs défensives, les contrats d’assurance-vie en unités de compte et les ETF sectoriels, loin des titres les plus cycliques. Les grandes sociétés cotées de la zone euro affichent un rendement moyen attendu de 6 à 7 %, sous réserve de stabilité monétaire.
Les obligations retrouvent la faveur des investisseurs. La remontée des taux d’intérêt à long terme rend les nouvelles émissions bien plus attractives, notamment pour les obligations d’État et les fonds en euros. Les souscriptions sur l’assurance-vie fonds euros repartent à la hausse, avec des rendements qui dépassent désormais le seuil des 3 %, selon les dernières évaluations du secteur.
Pour clarifier les différences entre les classes d’actifs, voici les grandes tendances :
- Immobilier : rendement stabilisé, volumes en baisse, exigence renforcée dans la sélection.
- Actions : volatilité persistante, rendement tributaire de la stabilité politique.
- Obligations : regain d’intérêt, attrait accru grâce à la hausse des taux.
À l’aube de 2025, le paysage de l’investissement en France réclame une vigilance aiguisée, une agilité concrète et une capacité à détecter les signaux faibles. Ceux qui sauront s’adapter composeront la partition de la prochaine décennie.


