Un jeune photographe violemment pris à partie par les gilets jaunes

Le chiffre claque : 26 ans à peine, et déjà un reporter passé à tabac en marge d’une manifestation des gilets jaunes. Ce week-end-là, le métier de photographe a brutalement montré son revers, loin des images léchées de cérémonies ou de portraits posés. Sur le terrain, l’objectif se transforme en cible.

Un photographe habitué aux reportages en solo

Pierre Alex, habitué aux clichés de mariages ou aux séances corporate, n’en est pas à son premier reportage. En indépendant, il se glisse parfois dans la foule, appareil en bandoulière, capturant ce que d’autres n’osent pas regarder en face. Ce jour-là, alors que la tension grimpait, certains manifestants se sont retournés contre les journalistes. Pierre Alex a alors été violemment pris à partie, sans sommation.

Arrivé bien avant le début officiel de la manifestation, il voulait immortaliser la scène sous tous les angles. Près de la bourse, il installe son grand-angle pour saisir un plan large de la statue centrale. À peine a-t-il le temps de cadrer qu’une première altercation éclate sous ses yeux.

La pression monte contre les médias sur le terrain

La tension ne tarde pas à se propager. Deux journalistes de Cnews, toutes deux femmes, se voient ordonner de quitter les lieux. Elles insistent pour continuer leur reportage, à l’image de Anne de Carvallo, photographe, réputée pour sa ténacité. Même protégées par des gardes du corps, elles deviennent indésirables. Pierre Alex, lucide, comprend que sa propre présence ne passera pas inaperçue. Il tente de se mettre à l’abri dans une rue voisine, son appareil photo toujours allumé à la main. Mais sa volonté de poursuivre son travail le désigne aussitôt à la vindicte : certains manifestants le prennent en chasse.

L’agression, l’évanouissement et l’après

Rattrapé, Pierre Alex se retrouve projeté au sol, encerclé puis frappé à plusieurs reprises. Même à terre, les coups continuent de pleuvoir. Quelques secondes d’inconscience plus tard, il reprend connaissance grâce à l’intervention de deux membres du cortège qui, voyant la scène, décident de l’extraire de la mêlée et de l’emmener à l’abri dans un restaurant.

Secouru, il finit par rejoindre l’hôpital Pellegrin de Bordeaux pour y recevoir des soins. Les médecins constatent des hématomes au dos, des douleurs persistantes à la tête. S’il s’en sort physiquement, son matériel photo n’a pas eu cette chance : l’appareil porte les stigmates de la violence, brisé sous les coups. Pour Pierre Alex, c’est la réalité d’un métier qui ne fait pas de cadeaux, et la preuve que le terrain, parfois, ne pardonne rien.

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